
Nacer Bouhanni premier, Arnaud Démare deuxième. Le championnat de France a donné le résultat escompté même si bien entendu il fallait que nos deux jeunes sprinteurs s’expliquent avec le titre pour enjeu et déterminent l’ordre d’arrivée. Ils l’ont fait grâce à une équipe qui a fait bloc et a produit, selon Marc Madiot, la plus belle course jamais réalisée par le Trèfle.

Ce championnat avait commencé jeudi avec la deuxième place de Jérémy Roy, passé à 13 secondes du titre dans le contre la montre, puis la conférence de presse de Nacer et Arnaud fixant l’objectif.
Samedi, Marc Madiot a fait un discours bref mais précis, rappelant à son équipe la nécessité de se livrer pour la même cause et celle de trouver un successeur à Nicolas Vogondy, champion de France en 2002.
Marc s’est estompé et a transmis le relais à ses directeurs sportifs, précisément Martial Gayant qui était aux commandes ce dimanche. « Nous sommes là pour gagner, disait-il le matin, nos chances sont nos deux sprinteurs. On va courir pour eux ! »
Nacer Bouhanni est champion de France mais c’est bien toute l’équipe qui a conquis le titre. Leur performance collective a été grandiose.
Dans chaque échappée, le Trèfle était représentée par un nombre de coureurs proportionnel à la quantité d’attaquants. Ils étaient 21 à mi-course et quatre d’entre eux faisaient bonne garde. Il faut citer Pierrick Fedrigo, Sandy Casar, Arnaud Gérard, Cédric Pineau, Benoît Vaugrenard, Anthony Geslin. Puis Jérémy Roy accompagnant Sylvain Chavanel et Laurent Pichon à 30 kilomètres de l’arrivée. Avant de tomber dans un virage. Puis une nouvelle fois trois kilomètres plus loin. Plutôt que de s’attarder sur son sort, Jérémy est reparti, a repris sa place en tête de peloton et a encore roulé très fort dans le final.
« L’équipe a fait un travail incroyable, disait avec beaucoup d’admiration le nouveau champion de France. Dans le final, ils étaient encore cinq ou six à travailler en tête de peloton, à rouler fort (Anthony Roux, Arthur Vichot, Jérémy Roy, Pierrick Fedrigo, Mathieu Ladagnous). William Bonnet s’est occupé d’Arnaud Démare, pour moi c’était Geoffrey Soupe. Nous avons atteint la dernière ligne droite dans des conditions idéales. »
Arnaud Démare a tenté un coup de poker en commençant son sprint à 300 mètres de la ligne avec Adrien Petit dans son sillage. Nacer a semble surpris par sa manœuvre mais il a produit un effort juste, revenant progressivement en laissant sur place Jimmy Casper pour sauter Arnaud dans les cinq derniers mètres.
Tous deux se sont retrouvés au protocole, les larmes aux yeux. Tous les coureurs de l’équipe, détrempés mais fiers, sont venus les féliciter, la bise à l’appui. Au niveau du bus, le bonheur était le même et les deux compères Marc et Martial sont tombés dans les bras de l’autre. Sans cacher leurs larmes.
« Ce matin, conclut Martial, j’avais dit à mes coureurs que mon rêve de toujours est d’être champion de France. Je ne l’ai pas été coureur, je voulais l’être avec eux. Je le suis, c’est magnifique. »
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